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Jeux de pouvoir (4ème partie)

Bulle

TEXTE EN 6 PARTIES
(4ème partie)

↵ Pour revenir à la première partie : "Qu'est-ce qu'un jeu de pouvoir ?" et "Comment naît un jeu de pouvoir" cliquez ICI
↵ Pour revenir à la deuxième partie : "Apprendre à reconnaître un jeu de pouvoir" cliquez ICI
↵ Pour revenir à la troisième partie : "Du bébé à l'adulte" cliquez ICI

✔ Mettre fin à un jeu de pouvoir.

Le sujet abordé ne pouvant être traité en quelques lignes, ce quatrième volet des JEUX DE POUVOIR est un peu plus long que les précédents. Or je sais que, trop long, un article peut rebuter ceux qui n'aiment pas beaucoup lire... J'espère donc que le désir d'en savoir plus l'emportera !
Dans cette quatrième partie vous trouverez, non seulement le chemin à suivre pour désamorcer un jeu de pouvoir (qu'il vienne de soi, de l'autre ou des deux) mais, également des conseils pratiques et des mises en garde (écueils à éviter) ainsi qu'un lien vers un autre article (complémentaire à celui-ci).

◗ Faut pas se tromper !

Pour beaucoup mettre fin au désir de domination et de contrôle de l'autre consiste seulement à changer de stratégie pour inverser les rôles. Je le pensais aussi... Aujourd'hui je sais que c'est un leurre qui conduit seulement à mettre en place un autre jeu de pouvoir. En effet, tant qu'on dirige toute son énergie sur "l'autre", on ne fait que déplacer le rapport de force. Or, tant que gardant un oeil sur l'autre, on surveille de près ses faits et gestes pour tenter d'y "voir clair" dans son jeu, il est impossible d'y "voir juste" dans le nôtre. Ce n'est donc pas ce que fait l'autre qui doit retenir toute notre attention mais ce qu'on fait soi et encore mieux : ce qui se passe en soi !

◗ Dans un jeu de pouvoir qui exerce la plus forte pression ?

Cette question peut sembler à première vue absurde et inutile voire polémique, et pourtant... Pourtant c'est la seule manière de mettre à jour certains jeux de pouvoir inconscients car, si on finit toujours par débusquer tôt ou tard les jeux de l'autre, qu'en est-il des nôtres ?
Il est clair que quitter un jeu de pouvoir implique aussi de quitter certains avantages qui, même s'ils ne sont pas très importants (voire même parfois illusoires), reflètent pourtant un certain intérêt à nos yeux. On peut donc supposer que plus les avantages retirés d'une situation sont grands et plus la pression pour les conserver sera importante.

◗ Comment y voir juste ?

Y voir juste n'est pas simple car il ne suffit pas d'être conscient qu'il y a jeu de pouvoir faut-il encore savoir quel rôle on y joue soi-même... En effet, même si on pense connaître le rôle exact que chacun joue dans la relation et que l'on s'estime capable de décrire avec certitude les véritables enjeux des forces en présence, cela ne prouve pas qu'on ait forcément raison. Par contre, accepter d'observer sans a priori (mais sans complaisance non plus) notre propre comportement apporte des informations plus fiables car davantage fondées.... En effet, que l'on soit dans l'un ou dans l'autre rôle, on ne peut pas se mentir longtemps à soi-même. Tôt ou tard les masques tombent ! Aussi, même si se regarder en face n'est pas toujours très agréable il vaut mieux "s'y coller" le plus rapidement possible ! Agir ainsi permet de faire plus vite la lumière sur nos éventuelles pressions tout en offrant de surcroît, le cas échéant, l'occasion de remettre (discrètement) les pendules à l'heure !

Pour s'assurer une bonne base de réflexion je recommande, pour ma part, de s'appuyer exclusivement sur ce qui se passe en soi (à savoir, son vécu intérieur, son ressenti). En effet, c'est bel et bien notre réaction qui nous permet de déceler avec le plus d'objectivité possible nos véritables motivations.

Prenons, par exemple, le cas de 2 personnes concernées par la fin d'un jeu de pouvoir :
- L'une réalisera alors que le sentiment de malaise qui l'envahit prend naissance dans la peur de perdre certains avantages et que la rage qu'elle ressent repose sur son refus catégorique de voir les règles changer et, donc le contrôle lui échapper.
- pendant que l'autre se sentira soulagée et même, libérée !

Par ailleurs, je précise que le doute n'est pas forcément mauvais signe ; c'est même souvent la preuve que, commençant à percevoir la réalité des choses, on se retrouve face à une vérité qui nous échappait jusqu'alors (ou qu'on refusait de voir...). Si la réalité qui s'impose à nous s'accompagne de bien-être et de paix intérieure il y a fort à parier que, bien que pesant encore le pour et le contre, on s'achemine progressivement vers la sortie du jeu de pouvoir.
Il est clair que plus la fin du jeu de pouvoir éveille un profond sentiment de joie, de légèreté et de liberté et plus cela indique que, bien centré sur soi et donc en cohérence avec soi-même, on lâche concrètement prise.

D'autres signes peuvent aussi contribuer à renforcer ce premier ressenti :

  • ● Lorsque, reconnaissant sincèrement ses erreurs et assumant spontanément sa part de responsabilité (c'est à dire, sans chercher à accabler l'autre de quelle que manière que ce soit), une personne préfère renoncer à certains avantages plutôt que de persister à se nier, il y a peu de chance que la combativité dont elle fait preuve soit induite par une réelle volonté de contrôle. A ce propos je vous invite vivement à consulter mon article : "Agressif ou combatif, ce n'est pas la même chose".
  • ● En revanche, il n'en est pas de même pour la personne qui voit sa stratégie échouer car, plus les enjeux (affectifs ou matériels) qu'elle poursuit sont importants pour elle et plus elle s'opposera avec force à toutes menaces de changement. Elle emploiera entre autres toute son énergie pour maintenir les choses en l'état. Elle se montrera également prompte à accuser (plus ou moins ouvertement) son "bourreau" voire même à l'agresser pour tenter de reprendre la situation en main à moins que, "pleurant" sur son sort, elle ne préfère jouer la carte de la "victime" dans l'espoir de le faire changer d'avis. En tous cas, c'est assurément elle qui se ressentira (ou se comportera) comme étant la plus perdante des deux.

Ce n'est pas tant l'échec qui pousse le contrôlant à réagir de la sorte quand sa stratégie échoue, mais bien la frustration et la blessure d'amour propre qui sont associées à cet échec ! En effet, découvrant à ses dépens qu'il a des limites, c'est l'image même de sa toute puissance qui est brutalement remise en cause... C'est la raison pour laquelle, profondément humiliés face à ceux qui sont témoins de leur mésaventure, certains tentent une ultime manoeuvre pour redorer leur image. Passant maîtres dans l'art de brouiller les pistes, ils parviennent ainsi à retourner quelquefois la situation à leur avantage... A court terme, leur stratégie peut donc sembler payante mais, ........ pour combien de temps ?

Ce n'est donc, encore une fois, pas toujours, comme on pourrait le croire, celui qui semble en position de force ou qui a le plus d'ambition personnelle qui exerce la plus grande pression sur l'autre mais, par contre, c'est toujours celui qui a le plus de mal à renoncer aux attentes qu'il nourrissait !
J'ajoute qu'au cours de mes entretiens, j'ai pu souvent observer que l'humiliation ressentie par le contrôlant est encore plus cuisante quand il y a un fort enjeu affectif (rupture amoureuse, amicale ou familiale, divorce, etc.) car les sentiments qui s'expriment alors sont particulièrement exacerbés. Je tiens à préciser également que la manifestation de cette exacerbation n'est pas pour autant, comme on pourrait le penser, la preuve que l'amour porté à l'autre était important.... C'est même tout le contraire !
Moralité : Plus la désillusion et la frustration sont intenses plus c'est le signe que l'enjeu poursuivi était grand et que le contrôle, exercé sur l'autre pour obtenir satisfaction, était important.

◗ Concrètement, comment faire ?

Il faut le savoir, quitter un jeu de pouvoir n'est jamais gagné d'avance car, le plus dur n'est pas de se mettre en mouvement mais d'aller jusqu'au bout de la tâche entreprise !

Pour quitter un jeu de pouvoir il est nécessaire d'apprendre à :

  • ● débusquer les scénarios qui, à notre insu, alimentent le jeu de pouvoir de l'autre,
  • ● déjouer un à un tous les pièges (qu'ils viennent de soi ou de l'autre).

Or modifier sa logique de penser et abandonner des scénarios devenus familiers engendre des peurs et des résistances intérieures car c'est toute une façon de vivre et de se comporter qui est concernée et donc bouleversée. Il ne suffit pas de désirer mettre fin à un contrôle, il faut le vouloir vraiment !

Un important travail sur soi s'impose donc !

En effet, puisque, tant que gardant un oeil sur l'autre, on surveille de près ses faits et gestes pour tenter d'y "voir clair" dans son jeu, il est impossible d'y "voir juste" dans le nôtre, la seule manière de mettre un terme à un jeu de pouvoir est d'orienter différemment sa propre énergie en la recentrant sur soi !
C'est la raison pour laquelle la première étape de ce recentrage implique de traverser une sérieuse phase de nettoyage, qui, même si pas très agréable à vivre, n'en est pas moins indispensable. C'est même le passage obligé ! Espérer sortir d'un jeu de pouvoir sans passer d'abord par cette profonde remise en question est non seulement illusoire mais totalement inopérant.
Ce n'est qu'une fois cette phase de nettoyage complètement achevée, et seulement à ce moment-là, qu'on peut envisager de passer à l'étape suivante, à savoir : l'apprentissage d'une discipline rigoureuse. La maîtrise de cette discipline ne pouvant s'acquérir du jour au lendemain, il est donc nécessaire de se faire aider ! Il est en effet impératif d'apprendre à trouver en soi différents points d'ancrage suffisamment solides pour pouvoir résister à toutes formes de déstabilisation (qu'elles viennent de soi, de l'autre ou de l'entourage).

Une aide est indispensable car mettre définitivement fin à un jeu de pouvoir est en effet infiniment plus éprouvant qu'on ne l'imagine à première vue. Il est clair que durant cette période on aspire à recevoir aide, soutien et encouragements ! C'est pourquoi j'insiste beaucoup sur ce point :

ne jamais oublier que l'enfer est pavé de bonnes intentions ! Aussi il vaut mieux éviter de se confier à n'importe qui et s'adresser à un professionnel qui saura vous accompagner et vous soutenir efficacement dans votre démarche !

Mettre fin à un jeu de pouvoir demande vraiment beaucoup, beaucoup d'énergie, de courage et d'assiduité pour ne pas baisser les bras à chaque nouvelle difficulté. En effet, jamais totalement non plus à l'abri d'une déstabilisation mentale, je peux vous assurer qu'à certains moments il faut réellement se cramponner lorsque l'envie de repartir en arrière (ou de tout stopper) vient entamer une détermination personnelle déjà mise à TRES rude épreuve !

Noeud noir

Main JEUX DE POUVOIR (article annexe)
A la suite des nombreuses confidences qui m'ont été faites depuis le début de cet article sur les jeux de pouvoir, j'ai été amenée à rédiger un autre volet à l'intention de tous ceux qui souhaitent approfondir davantage ce thème. Il aborde de façon détaillée les conditions propices, mais le plus souvent inconscientes et involontaires, à l'apparition d'un jeu de pouvoir.
Vous y trouverez également plusieurs exemples de jeux de pouvoir (sélectionnés parmi les plus fréquents) avec, pour chacun d'eux, des conseils pratiques pour y remédier.

Pour lire la suite : Et l'amour dans tout ça ?
✦ Pour lire d'autres articles cliquer ICI puis rubrique "PAGE"

© Christine Coulon - avril 2012)
J'autorise la reproduction partielle ou intégrale de cet article exclusivement à des fins non commerciales, sous réserve qu'aucune modification ne soit apportée au texte initial et que mon nom Christine COULON ainsi que l'adresse de mon blog (http://blog.coaching-montelimar.com) figurent de façon lisible au bas de toute reproduction.

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Publié le samedi 5 mai 2012 par Christine

Commentaires

1. Le dimanche 9 février 2014, 17:18 par Philippe (Montélimar)

♦ MESSAGE de Philippe (Montélimar). Message reçu le 10 novembre 2012. Ces réflexions sur la crise me rappellent une phrase d'André MALRAUX. C'était il y a bien longtemps. Il disait "le 21 ème siècle sera spirituel". Que constate-t-on aujourd'hui ? Qu'après la période ultra matérialiste qui a caractérisé la seconde moitié du 20ème siècle, on a aujourd'hui un "engouement" pour le spirituel, car beaucoup se rendent compte que le matériel ne leur a pas apporté, en terme de développement de soi et d'harmonie intérieure, ce qu'ils pouvaient en espérer. Du coup, ils sont partis chercher dans le spirituel ce que le seul matérialisme est incapable de leur donner. D'où le "retour" de certains à la religion, d'où le développement de certaines pratiques plus "spirituelles" amenant à réfléchir sur soi, sur sa place dans son environnement, dans son couple, dans son travail, dans la société. D'où aussi, et c'est sans aucun doute plus inquiétant, le développement de certains fanatismes religieux. Même si le 21ème siècle n'en est qu'à ses débuts, Malraux aurait-il eu raison ?

✍ MA REPONSE à Philippe : Pour ma part, je pense que le matériel et le spirituel ont chacun leur place et vouloir reléguer le matériel au profit du spirituel ne me semble pas très sage... Pour moi, l'un ne peut exister sans l'autre ! En effet, si nous sommes sur la terre et donc, en contact avec la matière, ce n'est à mon avis pas pour rien. Nous avons besoin à la fois de l'un et de l'autre pour instaurer l'équilibre. Pour preuve, nous avons certes un esprit (conscience) mais nous avons aussi un corps physique... Sans lui nous n'aurions aucun ancrage avec la réalité et nous serions de ce fait plus facilement sujets à l'illusion et à l'utopie. Grand merci Philippe pour le partage de vos réflexions. Christine