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Jeux de pouvoir (2ème partie)

Bulle

TEXTE EN 6 PARTIES
(2ème partie)

↵ Pour revenir à la première partie : "Qu'est-ce qu'un jeu de pouvoir ?" et "Comment naît un jeu de pouvoir" cliquez ICI

✔ Apprendre à reconnaître un jeu de pouvoir

Le jeu de pouvoir peut se manifester de manière individuelle ou collective. Reflétant un désir de dominer l'autre et de le contraindre à se soumettre à une volonté autre que la sienne, le jeu de pouvoir est à la base de tous les conflits, de toutes les dictatures et de toutes les guerres. Il peut en effet se glisser dans toutes les formes de relations et à tous les niveaux de la société. Chacun, à sa façon (le plus "fort" tout comme le plus "faible") peut exercer une forme de contrôle. C'est la raison pour laquelle il utile d'apprendre à bien l'identifier pour ne pas s'y laisser prendre soi-même. Or reconnaître un jeu de pouvoir n'est pas toujours simple car, malgré les apparences, ce n'est pas forcément celui qui semble détenir l'autorité ou qui paraît être en position de force qui, en réalité, détient le plus de pouvoir.

Exemples : tels parents, pourtant détenteurs de l'autorité, qui plient devant toutes les exigences de leur fille par crainte que cette dernière finisse par mettre à exécution ses menaces d'en finir avec la vie ; tel patron contraint de céder aux revendications de son personnel pour mettre fin à la grève qui met en péril l'avenir même de l'entreprise ; tel chef d'état, sensé pourtant détenir le pouvoir suprême et qui, pour éviter la paralysie totale du pays, doit reculer face au pouvoir de la rue.


En fait, il y a deux façons de faire pression sur l'autre et de le contrôler :

  • la manière "forte" qui est la plus connue et la plus visible et,
  • la manière "douce" qui est la moins connue mais assurément la plus perfide.

La manière "forte" . Le "dominant" exerce visiblement une pression sur le "dominé" pour le contraindre à se plier à ses prérogatives. Cette pression peut s'exprimer par :

  • ● des intimidations et des menaces
  • ● des critiques (volonté de déstabilisation)
  • ● des violences (physiques ou verbales)
  • ● le diktat (imposer sa volonté à l'autre en le mettant devant le fait accompli).

La manière "douce". Cette dernière s'exerce de manière implicite c'est à dire, sournoisement, sans en avoir l'air... C'est, à mon sens, la forme la plus redoutable car peu de gens l'assimilent à un véritable jeu de pouvoir. En effet comment imaginer que, sans rapport de force apparent, une pression destructrice peut réellement s'exercer ? Très insidieuse, puisque réussissant à endormir la vigilance naturelle, elle peut donc s'étaler sur de nombreuses années avant d'attirer l'attention. Toutefois, bien que plus longue à déceler que la manière "forte", elle n'en est pas pour autant exempte de risques pour celui qui l'utilise car, sa "proie" finissant toujours par ouvrir les yeux, son "petit" jeu lui revient alors en boomerang...
En voici les formes les plus communes :

  • Le chantage. Jouer le rôle de la "victime" est une technique fort courante. Elle consiste à déceler une faille chez sa proie puis à s'en servir pour éveiller adroitement un sentiment de culpabilité qui la contraindra à se plier d'elle-même à une volonté extérieure à la sienne.
  • La relation sauveur/sauvé. En s'arrangeant pour rendre l'autre entièrement dépendant de lui (matériellement, affectivement, spirituellement, ...), le "sauveur" n'a qu'un seul objectif : piéger sa proie pour qu'elle ne puisse plus le quitter. Et pour asseoir durablement son pouvoir sur l'autre, le "sauveur" lui rappelle régulièrement, mais de façon subtile, que s'il n'était pas là... Aussi, perdant toute confiance en lui, puisque totalement assujetti à son "sauveur" et en permanence rabaissé, le "sauvé" n'a d'autre alternative que de rester auprès de son "protecteur" et qui plus est, sans jamais se plaindre sous peine de se voir reprocher son ingratitude !
  • La relation de dépendance devient réciproque lorsque le "sauveur" comme le "sauvé", tirant respectivement profit de la situation, exercent chacun à leur façon une pression sur l'autre pour garantir la satisfaction de leurs prérogatives personnelles.
  • Le blocage.. Opposer une résistance passive (bouderie, "sitting", grève de la faim, etc.) c'est faire implicitement pression sur l'autre pour l'obliger à se rendre et donc à se soumettre de lui-même à une exigence extérieure (parfois d'ailleurs justifiée) individuelle ou collective. Prônée généralement par les adeptes de la "non-violence" (qui croient ainsi éviter la force à laquelle ils sont farouchement hostiles), cette tactique conduit pourtant à un double échec... Non seulement l'attente peut durer très longtemps (sans d'ailleurs la moindre garantie de réussite)..... mais, la stratégie elle-même s'avère totalement inadaptée puisqu'en définitive, elle conduit justement à établir un rapport de force avec l'autre. Comble de l'ironie pour une stratégie sensée ne pas vouloir faire appel à la violence !
  • Le harcèlement. C'est exercer volontairement une pression continue sur le système nerveux de l'autre pour le contraindre à céder. C'est ce qui s'appelle dans le langage courant "avoir quelqu'un à l'usure". (Exemple : l'enfant qui hurle tant que sa mère ne lui achète pas le jouet qu'il convoite).
  • Le double langage. Consiste à exprimer clairement quelque chose tout en sous-entendant autre chose comme par exemple formuler des menaces tout en flattant l'autre (Ex : c'est bien parce que c'est toi que j'accepte = tu n'as pas intérêt à me dire non le jour où, moi, je te demanderai quelque chose). Cette technique vise à semer adroitement le trouble dans l'esprit de l'autre pour le déstabiliser et parvenir ainsi à mieux le manipuler.
  • Les compromis. Faire des compromis consiste à acheter l'autre en faisant ou en accédant à tout ce qu'il désire (même si on n'en a pas envie) par crainte de lui déplaire et d'être quitté. Autrement dit, tout accepter (même parfois l'inacceptable...) dans l'unique espoir d'être soit aimé soit valorisé en retour. (Ex : des parents ne posant aucune limite à leurs enfants parce qu'ils n'osent pas dire "non" de crainte de les fâcher et de passer pour "égoïstes" ou "intransigeants" aux yeux d'autrui).

Pour parvenir à ses fins, le contrôlant n'hésite généralement pas à utiliser plusieurs méthodes. Il peut ainsi passer alternativement d'un stratagème à un autre ; ou même, s'il sent le pouvoir lui échapper, chercher à déstabiliser sa proie en changeant d'attitude (passer brusquement de la manière douce à la manière forte et vice-versa). Même s'il peut, durant un certain temps, retirer une certaine fierté de ses "succès", il a conscience que vouloir contrôler l'autre n'est pas sans danger pour lui. Il sait parfaitement que, sa ruse pouvant être débusquée à tout moment, il risque fort de se retrouver pris dans le rôle de l'arroseur arrosé...
En effet, tenant énormément à son image, il redoute par dessus tout d'être pris en flagrant délit de manipulation car, cela le conduirait inéluctablement à perdre à la fois son ascendant sur l'autre et son image face à un entourage qui ne se doute de rien.. Aussi, lorsque cela se produit, le contrôlant fait mine de ne pas comprendre ce qui lui arrive et se pose immédiatement en victime. Et si, malgré cela l'autre ne semble pas convaincu de sa "bonne foi", sa parade est toute trouvée : c'est l'autre qui se trompe ou qui a mal compris ou encore qui se fait un film (sous-entendu : ce qu'il affirme n'existe que dans son imagination)... Il peut aussi tenter de déstabiliser l'autre en semant la confusion dans son esprit. Quoi de plus efficace en effet que de reprocher à une personne combative sa soi-disante "agressivité" ? Généralement le but est atteint car il fait d'une pierre deux coups. Non seulement cette confusion éveille un sentiment de malaise chez sa proie mais, apparaissant lui-même comme LA victime, le véritable agresseur n'a aucune difficulté à rallier à sa cause la compassion de l'entourage...
Voir à ce sujet mon article : Agressif ou combatif, ce n'est pas la même chose.

Pour lire la suite : Du bébé à l'adulte
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(© Christine Coulon - avril 2012)
J'autorise la reproduction partielle ou intégrale de cet article exclusivement à des fins non commerciales, sous réserve qu'aucune modification ne soit apportée au texte initial et que mon nom Christine COULON ainsi que l'adresse de mon blog (http://blog.coaching-montelimar.com) figurent de façon lisible au bas de toute reproduction.

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Publié le samedi 21 avril 2012 par Christine

Commentaires

1. Le dimanche 9 février 2014, 17:11 par K. (Drôme provençale)

♦ MESSAGE DE K (Drôme provençale). Reçu le 22 04 2012. Il faut savoir être consciente de ce jeu de pouvoir si extraordinaire et si complice entre les deux adversaires. Au fil du temps ce jeu se joue, s'accommode et craque par l'usure. Je prends conscience d'avoir mis fin à deux formes de jeux de pouvoir : - le "Sauveur et le Sauvé" avec mon entourage - et "le blocage" c'est-à-dire, le non dit et la substilité de la relation avec le conjoint, car il est doux, de ne rien décider, de se laisser porter. J'ai utilisé l'autre aussi pour cacher, pour mettre sous terre ma personne et, avec mes faiblesses, je me suis laissée utiliser à mon tour. Chacun de nos rôles se juxtapose et s'arrange jusqu'au jour ou ma transformation a cassé ce jeu de cette relation de dépendance. Alors la prise de conscience se réveille, bénéfique pour la personne qui remet en cause et en question son Moi Intérieure et sa relation à l'Autre : comme une tornade intérieure, ça gronde ; la colère submerge ; tout se bouscule. Je balaye cette négativité et la lumière apparaît comme une vérité évidente !!! Je me calme et je comprends que c'est une souffrance qui fait qu'on tombe dans cette spirale et que personne ne veut réaliser son propre mal être intérieur. Chacun fui, s'autodétruit et entraîne une chaîne de souffrances qui s'imbriquent sans cette prise de conscience et ce nettoyage intérieur de soi. Il est très important de se connaître, d'analyser cette souffrance et de se soigner !" K.

✍ MA REPONSE A K. 

Merci pour ce beau témoignage ! Que dire de plus que ce que j'ai déjà exprimé dans les échanges que nous avons eu par e-mails et surtout par téléphone ? En effet, il m'est difficile de répondre sur ce blog à un témoignage qui s'appuie sur une expérience personnelle. Pourtant, c'est justement ce vécu qui m'a incité à le publier ! Certaine que la sincérité qui s'exprime ne peut qu'aider d'autres personnes, j'estime que ce commentaire a en effet toute sa place ici.

Merci encore pour cette collaboration précieuse ! Christine